jer.me : le blog de Jérôme Bouteiller
Facebook : it's not a bug, it's a feature
Une semaine après que la presse se soit enflammée sur l'affaire du bug facebook, qui publierait des messages personnels sur la timeline, la CNIL a rendu son verdict. Ce n'est pas un bug : c'est pire. En effet, Facebook n'a pas publié sur la timeline le contenu de la messagerie privée du réseau social. Il n'y a pas eu de "bug". Mais la CNIL rappelle que Facebook a changé les conditions d'utilisations du mur.

  • Le fonctionnement de Facebook avant 2010 n'était pas comparable au fonctionnement du site de réseau social aujourd'hui. L'ergonomie du site était telle que la visibilité des messages "Wall-To-Wall" était beaucoup plus réduite. Les messages "Wall-To-Wall" étaient donc davantage perçus comme privés par les utilisateurs.
  • Facebook a modifié de manière unilatérale et récurrente les paramètres de confidentialité des données entre 2009 et 2010. À l'époque, la CNIL et le G29 (groupe des CNIL européennes) avaient vivement critiqué ces changements réalisés à l'insu des utilisateurs. En effet, par défaut, si les utilisateurs n'étaient pas vigilants ou s'ils suivaient les recommandations de Facebook, des contenus auparavant privés ou accessibles uniquement aux amis étaient rendus accessibles à tout le monde. Par ailleurs, les messages concernés pouvant être anciens, il devenait parfois difficile pour les utilisateurs de constater ce changement d'audience des message

 
Pour bien comprendre cette histoire, il faut se rappeller qu'il existe une zone grise entre communication privée (messagerie) et communication publique (publication sur le mur) et que le wall Facebook permettait (et permet encore) une diffusion à caractère restreint, à un cercle d'amis par exemple (les listes personnalisées sont désormais abandonnées). Et ce que la CNIL reproche à Facebook, c'est d'avoir transformé des messages à diffusion restreinte en communication publique.

Concrètement, un type se ventant d'avoir trompé sa femme auprès de son cercle d'amis ? le message devient publique et sa femme le quitte. ça s'est passé la semaine dernière et c'est très bien expliqué sur RTL

Du coup, j'ai trouvé assez pitoyable les attaques de Techcrunch et consorts, accusants les Français d'hallucination collective. J'ai également trouvé assez cynique la défense de Facebook, se limitant aux questions techniques pour affirmer qu'il n'y avait pas de bug.

L'explication est simple : ce n'était pas un bug, c'est pire, c'est un choix. En passant sur la nouvelle Timeline, les utilisateurs de Facebook ont bien souvent renoncé à la confidentialité de ces anciens messages à caractère restreint. 

Mais contrairement à Facebook, je ne pense pas que cela soit la responsabilité de chacun. Au contraire, je pense que quand on a 26 millions d'utilisateurs actifs, on a le devoir d'anticiper ces questions, de prendre le temps d'expliquer les conséquences de cliquer sur tel ou tel bouton.

Combien de couples ont été brisés la semaine dernière quand tout le monde s'est penché sur l'historique de son conjoint ? Combien de salariés critiques ont été virés par un patron un peu curieux ? En optant pour la nouvelle timeline, les utilisateurs de facebook avaient il bien compris les conséquences de leur choix ? Dans le doute, pourquoi facebook tranche toujours pour la divulgation au détriment de la confidentialité ?

Pour ma part, j'estime que Facebook se cache derrière les questions techniques pour éviter d'avoir à assumer ses responsabilités. Est-ce acceptable quand 26 millions de Français fréquentent Facebook chaque mois ?

Tags : facebook

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Technosphère

Mercredi 3 Octobre 2012

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