jer.me : le blog de Jérôme Bouteiller

Après les 30 glorieuses de l'après guerre, notre Pays traverse désormais les 40 piteuses, avec une explosion de ses déficits et de sa dette.


​Quoi qu’il en coûte ? Pendant combien de temps ??
En 2023, l’Etat français va toucher 293 milliards d’euros (Dont 98 milliards de TVA, 82 milliards d’IR, 40 milliards d’IS, 18 milliards de TICPE, …), mais dépenser 455 milliards (81 milliards pour l’Education, 64 milliards pour les Armées, 41 milliards pour la transition écologique, 35 milliards pour la police, 12 milliards pour la justice, etc…).

Des déficits chroniques

Ce budget accuse un déficit colossal de -164 milliards d’euros ! Le traité de Maastricht nous impose théoriquement un déficit maximum de 3% mais nous sommes désormais à … 36% de nos dépenses, 56% de nos recettes ! Imaginez un Français qui gagne 29 370 euros par an, et qui en dépense 45 520 ! On serait à 3 euros de dépensés pour 2 euros de gagné !

Pour masquer l’ampleur des déficits, l’Etat a décidé de mélanger les chiffres de son budget (très mal géré) et ceux de la Sécu (plutôt bien géré). On gonfle ainsi les recettes totales à 516 milliards et les dépenses totales à 682 milliards, avec un déficit qui atteint 166 milliards (dont à peine 2 pour la sécu). Le déficit de 166 milliards représente ainsi 24% des dépenses totales (682 Mds) et 32% des recettes totales (516 Mds)…

Des déficits à l’origine d’une dette colossale

Malheureusement, cela fait bientôt 40 ans que l’Etat français accumule des déficits qu’il « finance » .. par l’endettement. À la fin du deuxième trimestre 2023, la dette publique s’établit à 3 046,9 Md€, soit 111,8% du PIB indique l'Insee. (Maastricht prévoyait 60% max). Nous étions à 1000 milliards en 2003, et 2000 milliards en 2014. 

Cette dette relève à 80% de l’état (2359 Mds), 9,2% de la Sécu (270,9 milliards), 8,3% des administrations locales (244) et 2,5% d’autres administrations centrales (74%). En 2022, la charge d’intérêts de la « dette publique », c’est-à-dire la dette consolidée de l’ensemble des « administrations publiques », s’est élevée à 49,7 Md€ soit 3,5 % des « recettes publiques » ou 1,9 % du PIB (2,0 % avec frais).

Compte tenu de la hausse des taux et des nouveaux déficits, elle devrait atteindre 55 milliards en 2023, et sans doute plus de 60 milliards en 2024. Mais avec des taux d’intérêt qui s’envolent à plus de 4%, cela devrait exploser et largement franchir les 100 milliards d’euros dans quelques années.

Imaginez un Français qui gagne 29 370 euros par an mais qui débourse 10 000 euros par an pour assumer les intérêts d’une dette de 300 000 euros : on ne serait pas loin du surendettement.

Quelles sont nos options ?

Je ne sais pas comment tout ceci va se terminer mais l’Histoire nous offre 4 options :
- L’Etat réduit drastiquement ses dépenses, équilibre son budget et rembourse progressivement ses dettes. C’est ce qu’ont fait les Français pendant les 30 glorieuses avec le Plan Marshall.
- l’Etat stabilise ses dépenses, paye les intérêt d’une dette, sans pour autant rembourser le nominal. Les générations futurs apprécieront le cadeau ! C’est ce que font les Japonais depuis 30 ans.
- l’Etat continue le « quoi qu’il en coûte » à chaque crise (sub-prime, covid, ukraine, …), creuse le déficit et la dette… jusqu’à la banqueroute. C’est ce que font les Argentins régulièrement.
- l’Etat dévalue la monnaie, afin de rembourser sa dette.. en monnaie de singe. C’est ce qu’on fait les Allemands dans les années 20, avant de sombrer dans l’hyper inflation et la 2e guerre mondiale…

sources : https://www.budget.gouv.fr / https://www.insee.fr/fr/statistiques/7675970


0 commentaire

Polisphère

Mercredi 8 Novembre 2023